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Crossroads - France - Jan/Feb 2002 |
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STATESIDE |
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John Paul Keith, croisement
improbable entre John Paul Jones (bassiste de Led Zep et producteur
des premiers The Mission, pour les étourdis) et le squelettique
mais encore fort talentueux Keith Richards, veut devenir calife à la
place du calife (comprenez Ryan Adams à la place de Ryan Adams) et se
faire couronner roi du mouvement Americana/No Depression, quels que
soient les efforts fournir, les papiers présenter et les années
poireauter... Ceci dit, son groupe Stateside (anciennement The Nevers
jusqu’à fin 1999, date d’une sérieuse remise en question et dun
remaniement ministériel sans précédent) possède toutes les qualités
requises pour mener bien ce coup d’état. Il est même le mieux placé,
vu qu’il joue régulièrement en compagnie d’un pauvre Ryan (lequel
pousse l'aveuglement et le sens de l’amitié jusqu’à venir gratter
et chanter sur cet album !) qui ne se doute de rien dans son rocking
side project The Pink Hearts ! Les compositions de ce new gang in town
de Nashville tiennent bien la route et on pense souvent, un désagréable
petit pincement au cœur,
aux disques en solitaire de Paul Westerberg, chet de file des
Replacements jusqu’à dissolution complète de cette autre association
de bienfaiteurs. Les chansons oscillent entre un pop rock ultra léché
(‘After Dark”, "You Were Made For Me”, “No Such Thing As
You”) et quelque chose qui ressemble un peu plus aux racines country
du gars John Paul (“Twice As Gone”, “Where The Night Runs Out”,
“Saturday Night Forever”), un bien bel exercice de style, en vérité,
qui saura convaincre les plus coriaces d’entre vous avec ses guitares
lumineusement acérées, ses mélodies entêtantes et ce petit je ne
sais quoi de typiquement US. Thierry
Supervielle |